Moyen Pays Bernois | Maison paysanne de Madiswil BE (1709)


nº 321
La maison paysanne de Madiswil est une construction à poteaux entièrement en bois. A la différence de la chaumière voisine d’Oberentfelden AG (no 221), cette maison a été conçue et construite au début du 18e siècle pour deux familles.

Parallèlement au faîte, son plan est divisé en deux domaines d’habitation et d’exploitation, la cuisine, l’aire de grange et les combles étant communs. Cette maison aussi était originellement recouverte de chaume, et ce fut au 19e siècle qu’on passa aux bardeaux. La reconstruction de l’immense toiture nécessita la pose de 257’000 bar-deaux.
L’habitation de cette construction à poteaux a été largement conservée et a pu être reconstituée au Musée moyennant quelques adjonctions. La partie servant à l’exploitation étant par nature vouée à une plus grande usure, il a fallu la reconstruire partiellement en bois neuf. Au milieu de la maison on aperçoit les poteaux s’élevant jusqu’au faîte. Des écheliers facilitent l’accès au fenil. A la poutre faîtière sont fixés des chevrons qui portent les lattes du toit et le reste de la toiture. Une seconde poutre faîtière et des arbalétriers renforcent la charpente.
La maison de Madiswil permet de voir comment vivait et travaillait un paysan moyen du Plateau suisse au 18e siècle. L’aménagement comporte de nombreux meubles et objets de ce village riche en traditions de la Haute Argovie.

Le milieu de la maison est occupé par une impressionnante cuisine. En l’absence de cheminée, la fumée qui circule librement sous le plancher de l’étage supérieur s’échappe par des ouvertures pratiquées à cet effet qui donne dans l’aire, puis vers l’extérieur. Au plafond de la cuisine sont suspendus des morceaux de lard et des saucissons à fumer. Peu de lumière pénètre dans cette pièce. Si l’on n’a pas à y faire le ménage, on préférera se tenir dans la chambre de séjour, épargnée par la fumée et chauffée par un poêle de mollasse.
Les deux chambres d’habitation contiennent des meubles paysans de Haute Argovie. Dans l’une des pièces voisines un métier à tisser rappelle les débuts dans cette région du tissage du lin, dont la pratique à domicile, à titre de gain supplémentaire, remonte au début du 17e siècle. On verra contre la paroi de l’aire une faux tournée à gauche, qui rappelle la légende du «Faucheur gaucher». Cette tragique histoire d’une preuve d’amour qui devait être donnée par l’utilisation d’une telle faux fait l’objet d’une pièce de théâtre populaire, qu’on joue régulièrement à Madiswil depuis 1914.

Là où il n’y avait ni ruisseau ni source qu’on pût détourner il fallait creuser pour trouver de l’eau. Certains puits avaient une profondeur de douze mètres, pour atteindre la nappe phréatique. Nous avons creusé un puits derrière la maison de Madiswil. L’eau est puisée au moyen d’une pompe en bois. Et c’est là que nous avons installé le puits de Wimmis BE (no 323).