nº 611
On trouve autour du lac de Zurich la plus riche diversité de maisons de tous les types. La résidence de campagne du riche citadin y voisine avec la maison de l’éleveur de bétail qu’on rencontre dans les collines des Préalpes, à la frontière de Schwyz. Mais la maison la plus caractéristique de la région est celle du vigneron, divisée en deux parties.
La maison de Richterswil présente un colombage courant dans la deuxième moitié du 18e siècle. Contrairement à l’ancien type de colombage, qu’on rencontre dans la maison d’Uesslingen TG (no 621), celui de Rich-terswil comporte des subdivisions plus nettes, plus petites, auxquelles des poutres horizontales, verticaux ou obliques donnent une forme de trapèzes bien délimités.
La maison est construite sur un socle en maçonnerie élevé, partiellement enfoncé dans le sol. Pour bien fixer les sablières, des crochets en fer forgé ont été placés aux angles. De même, les fenêtres de la chambre de séjour et de la chambre annexe sont surmontées d’un revêtement en bois. La partie du pignon exposée aux intempéries est en moellons. De ce côté, des linteaux de molasse en saillie protègent les rares fenêtres de la pluie.
A l’étage d’habitation, la cuisine contient des ustensiles et de la vaisselle datant du début du 19e siècle. A l’origine, la salle à manger abritait également la cuisine. Dans la chambre, on trouve un poêle en faïence construit par Hans Jakob Scheller en 1795, provenant de l’Oberland zurichois. Entre le poêle et le mur, un escalier raide conduit aux chambres à coucher. Deux installations sous les combles sont caractéristiques de la région zurichoise: le fumoir, qui servait à conserver le lard et les saucisses, et un treuil qui permettait en automne de monter au grenier les fagots une fois qu’ils étaient secs.
L’élevage des abeilles et la production de miel jouaient un rôle important dans l’autarcie rurale. Comme le montre le rucher de Mettmenstetten ZH (no 614), on logeait les abeilles dans de jolies petites ruches conçues avec art.
Chez le coiffeur
L’exposition «Chez le coiffeur» nous permet de jeter un coup d’œil sur les activités, autrefois fort variées, de cette profession. Jadis, les tondeurs et les barbiers – prédécesseurs des coiffeurs actuels – n’avaient, dans l’exercice de leur artisanat, pas le droit de s’écouter! Des gravures sur bois très expressives nous montrent de quelle façon ceux-ci pratiquaient des saignées, arrachaient des dents, soignaient les blessures ou effectuaient de petites interventions chirurgicales. Ce n’est qu’à partir de 1898 que le titre de chirurgien-barbier ne peut plus être utilisé. Mais, dans une bonne partie du 20e siècle, il était encore courant qu’on aille chez le barbier pour se faire arracher les dents.
Au salon de coiffure pour messieurs, on peut voir deux coiffeuses datant de 1898 ainsi que de nombreux accessoires. Quant au salon de coiffure pour dames, de 1945, il comprend tout ce qu’il fallait à l’époque pour coiffer les clientes.

