Oberland Bernois | Maison d'habitation de Matten BE (autour de 1570)


nº 1021
La démolition de la maison de Matten n’a pas permis d’établir une datation précise.
L’analyse dendrochronologique laisse toutefois penser que ce bâtiment a été construit vers 1570. Il s’agit donc d’un témoin très précoce de la construction en madriers et de certains de ses éléments décoratifs.

Au 19e siècle, cette ferme était avant tout destinée à l’élevage du bétail. Elle comportait divers terrains, des granges et des greniers, un four et des granges-étables dans les mayens.
Le soubassement en moellons comporte plusieurs caves. Il est surmonté d’un cube en madriers soigneusement ajustés, avec des saillies.
La continuité de la frise cannelée située sous les fenêtres et la remarquable forme des porteurs de pannes attestent l’ancienneté du bâtiment. Les fenêtres des pièces habitables avaient été agrandies au siècle dernier et leurs proportions originelles furent rétablies lors de la reconstruction. Le toit caractéristique à pannes et à chevrons est recouvert de bardeaux.
L’âtre servait à faire non seulement la cuisine, mais également le fromage. Le chaudron à fromage était fixé à une potence qu’on pouvait faire tourner. Derrière l’âtre, on aperçoit l’ouverture du four. Celui-ci fait saillie hors de la maison, et repose sur des étais de bois. Il remplaçait sans doute un four indépendant plus ancien. Le court mur de feu qui se trouve sur le côté de la chambre d’habitation comporte des ouvertures pour chauffer le poêle de molasse et pour évacuer la fumée. Ce poêle, daté de 1845, porte le nom des propriétaires d’alors, Hans Sterchi et Elisabeth Roth.

Du rez-de-chaussée, en partant des deux murs gouttereaux, on pénètre par des escaliers en maçonnerie dans une grande cuisine ouverte jusque sous le toit. Des cuisines de ce genre, où la fumée circule librement, occupaient souvent tout l’arrière d’une maison; dans le cas présent, il existe une chambre annexe de la cuisine.

La grande chambre de séjour est éclairée par deux rangées de fenêtres. La petite chambre annexe a dû servir de chambre à coucher. De la cuisine, un escalier conduit à l’étage supérieur dont les pièces sont accessibles par une galerie parallèle au faîte de la maison. Au-dessus de l’âtre sont suspendues des perches, noires de suie, qui servaient à fumer les viandes. L’arrière de la maison comporte un appentis recouvert d’un auvent. Il fut probablement construit en même temps que le four. Il abrite une petite porcherie et l’indispensable bûcher. On y trouve aussi des latrines.

Sur le fronton du grenier à fromage de Niederried BE (no 1022), bâtiment de deux étages, on trouve à côté d’une date, 1656, et de deux ours de Berne, les noms du maître de l’ouvrage, Christian Blater, et celui du charpentier, Hans Bos. Il semble que des rayons à fromages aient été installés au rez-de-chausée; quant à l’étage supérieur, il servait à entreposer les différents produits de la ferme, les outils et le bois de chauffage.

La grange-étable de Brienzwiler BE (no 1024), située au-dessus de la maison de Matten, fait partie des derniers bâtiments qui ont été conservés à leur emplacement d’origine sur le terrain du Musée.

Le tourisme sauve les traditions
En Oberland bernois, le tourisme ne date pas d’hier. Dès la fin du 18e siècle, ses lacs, ses vil-lages idylliques et ses glaciers attiraient les premiers voyageurs étrangers. Non contents d’apprécier les charmes du paysage, les touristes anglais, français et allemands s’intéressaient aussi aux coutumes, aux costumes, à la musique populaire et aux danses de l’Oberland. C’est dans la prairie d’Unspunnen, près d’Interlaken, qu’eut lieu la première fête des bergers. Elle contribua à revaloriser le folklore, à le mettre au service du tourisme et à le sauver de la disparition.

Le kiosque de Bönigen BE (no 1041), érigé en 1880 pour la vente de sculptures sur bois, témoigne de l’importance du tourisme dans la région.